Emploi et handicap : comment changer de regard ?
En France, en 2023, 1,1 million de personnes en situation de handicap ont un emploi, ce qui représente un taux d’emploi direct de 4 %. Bien que le taux de chômage des personnes en situation de handicap ait diminué, leur employabilité reste deux fois plus faible que celle des personnes valides. Comment inciter les entreprises à les recruter et lever certains freins ? Voici quelques éléments de réponse.
En France, en 2023, 1,1 million de personnes en situation de handicap ont un emploi, ce qui représente un taux d’emploi direct de 4 %. Bien que le taux de chômage des personnes en situation de handicap ait diminué, leur employabilité reste deux fois plus faible que celle des personnes valides. Comment inciter les entreprises à les recruter et lever certains freins ? Voici quelques éléments de réponse.
Pour Gilles Vallade, directeur régional de LADAPT en Auvergne Rhône-Alpes, l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, « certains employeurs ne savent pas toujours organiser l’accueil et le parcours professionnel des personnes en situation de handicap et optent pour le versement de leur contribution aux fonds d’aide à l’insertion professionnelle ». Cette situation est principalement due aux préjugés que la société entretient à l’égard du handicap. Un travailleur handicapé est souvent perçu comme moins performant, ce qui peut dissuader les employeurs. Il est donc crucial d’informer et de former les employeurs et leurs équipes aux différents types de handicaps (dont 80 % sont invisibles), à l’accueil des personnes handicapées et aux moyens de compensation pour que le handicap ne soit plus un frein à l’embauche. L’employeur doit être convaincu qu’en embauchant une personne en situation de handicap, il recrute avant tout une compétence.
Rappelons que la loi impose à toute entreprise de 20 salariés et plus* d’employer des travailleurs handicapés, mutilés de guerre et assimilés, à temps plein ou à temps partiel, dans une proportion de 6 % de l’effectif total. Le non-respect de cette obligation entraîne des pénalités financières.
Faire évoluer les regards
Le restaurant du SMR Le Safran à Valence (Drôme), géré par Sogeres, accueille depuis son ouverture le 5 mars dernier, Aldo Cassarino, en situation de handicap. Agent polyvalent de restauration au sein d’une équipe de 10 personnes, Aldo travaille entre les postes chaud et froid de la cuisine. « Nous savons, depuis son arrivée, quelles tâches Aldo ne pourra pas effectuer, comme porter des charges lourdes. L’équipe sait également que les consignes qui lui sont données doivent être les plus claires possibles mais quand il a un doute, il pose des questions. Les échanges sont fluides », raconte Maïlys Cochet, responsable de site. Aldo va d’ailleurs participer au concours de pâtisserie organisé par Sogeres, « Un pour tous, tous pour un »**, destiné aux personnes en situation de handicap. « Il va faire équipe avec notre chef pâtissier mais c’est lui qui va choisir le gâteau à réaliser. Sa présence et son investissement font aussi évoluer notre regard sur le handicap », conclut Maïlys Cochet.
*Les entreprises nouvellement créées, ou celles dont l’effectif a atteint le seuil de 20 salariés, ont un délai de 5 ans avant d’être soumises à cette obligation.
Source : economie.gouv.fr
**Faites-nous en voir de toutes les couleurs, de novembre 2024 à mars 2025
Des aides à l’embauche
Les employeurs peuvent bénéficier d’aides, versées par l’Agefiph, pour l’emploi d’un travailleur en situation de handicap. Elles peuvent concerner le recrutement, l’adaptation des situations de travail mais aussi des formations.